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lundi 7 janvier 2013

Les implantations israéliennes ne sont pas le problème, c'est l’intransigeance palestinienne


Voici tout ce qu'il faut savoir sur les implantations israéliennes et la paix. J'ai traduit l'excellent article de Barry Rubin publié sur PJMedia:

L'article Ultime , les implantations ne sont pas le problème

Par Barry Rubin Ça doit être l'effet du nouvel an.

Le  Washington Post  a publié un Editorial  expliquant que les colonies israéliennes ne sont pas le principal problème au Moyen-Orient:  "Deux notions erronées, mais largement répandues concernant la paix israélo-palestinienne sont que les colonies sont le principal obstacle à un accord et que toute nouvelle construction rendra impossible un État palestinien."

Et il continue par l'analyse détaillée et factuelle qu'il vaut la peine de reproduire ici:

- "A la suite des accords d'Oslo de 1993, le gouvernement du Premier ministre Netanyahou, comme d'autres avant lui, a circonscrit les constructions presque exclusivement dans des zones dont les deux parties (Israéliens et Palestiniens) admettent l'annexion par Israël dans le cadre d'échanges territoriaux dans un éventuel accord ...."

- Presque tous les colons juifs vivent sur seulement quatre pour cent de la Cisjordanie, le secteur qu'Israël a cherché à annexer dans le cadre d'un plan de paix qui a été présenté il y a douze ans.

- La dernière implantation (E1) par Israël, qui permettra de relier Maalé Adoumim- à une courte distance de marche de Jérusalem-avec le reste de la ville est loin de détruire toute chance de paix comme cela a été dépeint dans la plupart des médias occidentaux et par certains gouvernements occidentaux. Au pire, si ce corridor déterminait la frontière définitive entre les deux états, les automobilistes palestiniens auraient à faire un détour d'une dizaine de minutes.

- Ceux qui « veulent vraiment avancer vers un Etat palestinien ... doivent faire pression sur [Mahmoud, le chef de l'Autorité palestinienne] Abbas pour qu'il cesse d'utiliser les implantations comme prétexte pour son intransigeance - et de calmer ses propos incendiaires."

Une des questions qu'on me pose le plus souvent porte sur les implantations israéliennes. Il est excessivement  facile de prouver qu'elles ne sont pas le facteur qui empêche la paix israélo-palestinienne. Je suis en faveur du démantèlement, si nécessaire de la quasi-totalité d'entre elles - mais seulement si et quand il y a une paix globale qui se traduira aussi par l'annexion de quelques unes - qui seraient dans les territoires de la Palestine. Nous en sommes très loin.

Le problème avec la démonstration que les colonies ne sont pas le problème, c'est qu'il est si difficile de présenter ces arguments à un large public en Occident. Beaucoup de gens ont, dans leur esprit, une image de la situation d'avant 1993.


En bref, voici les deux points qui le prouvent. Le premier montre que les revendications sur les colonies sont contraires aux faits, la seconde qu'elles sont contraires à la logique.

Tout d'abord, au lendemain de l'accord Israël-OLP signé en 1993, le Premier Ministre Yitzhak Rabin a précisé que l'interprétation d'Israël est qu'il permet la poursuite des constructions dans les implantations pré-existantes. L'Autorité palestinienne ne s'y est pas opposée et cette politique ne l'a pas empêché de négocier au cours des sept années qui ont suivi. Les fausses déclarations (Délibérées?) font penser souvent les gens qu'Israël établit de nouvelles implantations ou qu'il augmente la taille de celles qui existent déjà. Ces deux allégations sont fausses.

Deuxièmement, si la partie palestinienne veut mettre fin aux implantations, cela devrait l'inciter à parvenir à un accord de paix le plus rapidement possible et donc de se débarrasser de toutes les implantations  sur le territoire du nouvel Etat de Palestine. Notez qu'Israël, dirigé par nul autre qu'Ariel Sharon, n'a pas moins démoli que TOUTES les implantations de la bande de Gaza (entre autres choses),  un signe de ce qui aurait pu être acquis par un accord de paix.

Pourtant, la partie palestinienne n'a pas été pressée de conclure un accord. En théorie, lorsqu'elle se plaint des implantations, la réponse devrait être: "Alors, pourquoi ne pas faire un compromis pour la paix et se débarrasser d'elles plutôt que de les faire "grossir" ? " 

Mais ne pensez pas qu'il s'agit d'une nouvelle idée. C'est exactement ce que le roi Hussein de Jordanie a déclaré au Conseil national palestinien, l'entité «législative» de l'OLP, le 22 Novembre 1984. Il a expliqué:

"Les années passent .... La terre sainte et aimée est engloutie chaque jour .... Combien de temps allons-nous tenir compte de ceux d'entre nous qui disent: Laissez-le pendant les générations à venir ....? Qu'est ce qui les laisse croire que les circonstances des générations futures seront plus propices [alors que la temporisation ne fait que simplement donner] donnant plus de temps à l'ennemi  ....?
En d'autres termes, votre refus de faire la paix ne fait qu'empirer les choses. «Nous avons ainsi permis à l'ennemi d'exploiter le temps afin de changer la réalité sur la terre de Palestine en sa faveur .... Frères et sœurs, parce que nous aurons le plus à souffrir de la continuation inchangée de l'état actuel des choses .... l'expérience nous a appris à renoncer à l'immobilité ..... "

Ou, pour le dire crûment, arrêtez de vous quereller, de recourir à la violence, d'être trop exigeants en vous attendant de remporter la victoire totale qui rayera Israël de la carte, faites juste une solution à deux Etats-un compromis.

C'était il y a presque trente ans et les mêmes points s'appliquent toujours! Permettez-moi de résumer:

La plupart de ce qui est dit en Occident à propos des implantations n'est pas vrai.

Si vous êtes vraiment été si blessé par l'existence et la croissance des implantations, faites rapidement la paix et débarrasser vous d'elles.

Si vous ne voulez pas de faire rapidement la paix et vous en débarrasser, votre problème ce ne sont pas les implantations, mais l'existence d'Israël.

Et cela signifie que vous avez un problème insoluble et que quelqu'un va réimprimer la colonne ci-dessus dans une trentaine d'années. 

Barry Rubin est directeur du Global Research en affaires internationales (GLORIA) Center et rédacteur en chef de la revue Middle East of International Affairs (MERIA) Journal . Son dernier livre, Israël: An Introduction, vient d'être publié par Yale University Press. 

Autres livres récents sont The Israelo-Arab Reader (septième édition), La longue guerre pour la liberté: la lutte arabe pour la démocratie au Moyen-Orient (Wiley ), et The Truth About Syria (Palgrave-Macmillan). Le site Web du Centre GLORIA.Son blog, Rubin Reports . Ses articles originaux sont publiés sur PJMedia .

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